Les femmes autochtones du Brésil luttent pour leurs terres

Publié le 5 septembre

Du 11 au 13 septembre 2023, des femmes autochtones venues de tout le Brésil se réuniront à Brasilia pour manifester contre l’expropriation en cours de leurs terres ancestrales.

par la rédaction


Marco Temporal Não ! (Non au marco temporal !)

Ces derniers mois, les manifestations se sont multipliées dans tout le Brésil contre la loi PL 490, dite du « marco temporal », qui vise à rendre plus difficile la reconnaissance légale des territoires autochtones. Elle fixe notamment au 5 octobre 1988 la date limite (marco temporal) pour leur reconnaissance : pour que leur territoire soit reconnu légalement, les communautés autochtones devraient alors prouver qu’elles l’ont habité de façon permanente à cette date - près de 500 ans après le début de leur expropriation violente et du génocide.

Troisième Marche des femmes autochtones

Du 11 au 13 septembre 2023, des femmes autochtones manifesteront à la fois pour la justice de genre, contre le racisme et contre l’expropriation en cours des territoires autochtones. La Troisième Marche des femmes autochtones, organisée par l’Association nationale des femmes autochtones guerrières ancestrales (ANMIGA - Articulação Nacional das Mulheres Indígenas Guerreiras da Ancestralidade), aura cette année pour slogan : « Les femmes de l’écosystème défendent la biodiversité grâce à leurs racines ancestrales ».

L’appel des femmes autochtones

Nous vivons des temps difficiles, des temps d’extrémisme conservateur, d’attaques brutales contre les droits, de démantèlement de l’éducation, de la santé, de la science et de la protection de l’environnement ; des temps où la faim, le chômage, la violence et la famine progressent. Des temps où l’on veut faire taire les tambours des terreiros et le son des maracas pour que les seuls sons audibles soient ceux des tronçonneuses, des balles et du découragement.

Des temps où chaque morceau de forêt abattu et brûlé, chaque centrale thermoélectrique mise en route et chaque puits de pétrole foré se traduisent - dans le langage du réchauffement climatique - par des sécheresses plus graves, des ouragans plus intenses et des vagues de chaleur mortelles. Une époque où la cupidité empoisonne l’air que nous respirons, la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons et le sol que nous cultivons.

C’est l’époque où les tracteurs et les moissonneuses écrasent et tuent les peuples autochtones, les femmes, les personnes noires, les sans-terre et les sans-abri, les LGBTQIA+, les jeunes, les populations traditionnelles, les classes laborieuses et les personnes handicapées. Une époque où la Terre est sacrifiée sur l’autel du capitalisme.

Extrait de cet appel sur le site de l’ANMIGA

Demarcação já ! (Reconnaissance maintenant !)

Les femmes autochtones du sud du Brésil (Xokleng-Kaigang-Guarani) se rendront également à Brasilia pour protester contre la violation des droits des peuples autochtones que représente cette loi. Elles comptent pour ce voyage sur le soutien de personnes solidaires, comme le souligne la leader de Xokleng, Culung Vaitcha Teié, dans la vidéo ci-dessous :

Dans le cadre du projet « Géographie de la question autochtone dans le Rio Grande do Sul », le collectif orangotango travaille avec des géographes et activistes de Porto Alegre et des activistes autochtones Xokleng de la Retomada Konglui à São Francisco de Paula dans l’État du Rio Grande do Sul. Dirigées par la Cacica Culung Vaitcha Teié, les autochtones Xokleng ont revendiqué leur territoire ancestral en décembre 2020 par le biais d’une occupation - ou plutôt d’une « réappropriation » (retomada). Ce faisant, elles et ils ont exigé la reconnaissance immédiate en tant que territoire autochtone d’une zone qui se trouvait jusque-là sous « protection de la nature » en tant que « forêt nationale » de São Francisco de Paula (FLONA-SFP). Depuis, ce groupe vit dans les conditions les plus précaires au bord de l’autoroute RS 484, où il a été réveillé, une fois de plus à la mi-août 2023, par des coups de feu tirés depuis une voiture dans sa direction.

Campagne de solidarité : Retomada Xokleng Konglui

La Retomada Konglui a besoin de soutien à différents niveaux - un travail journalistique doit attirer l’attention sur les conditions précaires et les violences racistes subies par les autochtones Xokleng de la Retomada ; des rapports scientifiques doivent aider à formuler juridiquement l’importance de ce territoire ancestral pour les Xokleng. En outre, la Retomada a besoin d’un soutien financier pour l’achat de matériaux de construction afin d’améliorer son infrastructure et, actuellement, pour le voyage des femmes Xokleng, Kaingang et Guarani vers la Troisième Marche des femmes autochtones à Brasilia.

Vous pouvez les soutenir en faisant un don pour la Retomada Konglui ! Le collectif orangotango s’est engagé à soutenir cette campagne. Pour les dons de 15€ (ou plus), il vous enverra un tote bag avec le logo de la Marche des femmes autochtones ! Pour cela, il suffit d’envoyer une capture d’écran de votre don et votre adresse en message personnel à : info@orangotango.info, objet : « Xokleng ».

la rédaction


Image du bandeau : précédente marche des femmes sur Brasilia, site ANMIGA.
Vous trouverez ces informations en anglais, allemand et espagnol sur le site du collectif orangotango.

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